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2018-10-29

Concernant les lectures des kanji

La lecture des kanji est toujours un sujet un peu épineux en japonais, en particulier lorsque l'on débute.

On comprend rapidement en voyant l'entrée suivante d'un manuel de kanji :

Photo d'une entrée trop chargée d'un manuel de kanji

Trop. Trop d'informations. Et surtout, trop d'informations dont on ne peut rien faire en tant que tel. J'ai envie de m'arracher les cheveux quand je vois ce genre de choses.

En minuscules italiques on a les kunyomi (lectures purement japonaises) et en majuscules les onyomi (lectures sino-japonaises).

Quand est-ce qu'on utilise les kunyomi et quand est-ce qu'on utilise les onyomi ? Et lorsqu'on sait si on doit utiliser l'un ou l'autre, on fait comment s'il y en a plusieurs ?

Il n'y a pas vraiment de vraie règle qui marche à tous les coups pour savoir quelle lecture utiliser a priori. Bien souvent la lecture sino-japonaise est utilisée dans les mots composés (jukugo 熟語), tout simplement parce que ce sont souvent des mots d'origine chinoise. Mais ce n'est pas toujours aussi simple. On peut vraiment trouver n'importe quelle combinaison : ON-ON, KUN-KUN, ON-KUN, KUN-ON…

Ensuite, ce qui est écrit après l'*, c'est ce que je trouve le plus idiot dans l'enseignement des lectures des kanji. Ce sont des « fausses lectures ». Il s'agit juste d'une déformation de la lecture que l'on retrouve dans certains mots. Dans ce cas précis, on peut également voir le danger d'utiliser des romaji. Par exemple le NIP- a sûrement été pris à partir du mot 日本 にっぽん (*nip*pon). C'est en réalité seulement にち associé à ほん. Par plusieurs phénomènes linguistiques, on en arrive à remplacer le par un et le par (remplacer un kana non voisé par un kana voisé est notamment appelé le rendaku). Je ne vais pas aller dans plus de détails, mais pour faire simple : AUCUN intérêt d'apprendre ces lectures par cœur. À quoi bon donner un tel surplus d'informations ? Les « fausses lectures » ne sont pas présentes dans les dictionnaires de kanji dignes de ce nom.

Un ouvrage plus fiable tel que le 新漢語林 indique les lectures onyomi ニチ et ジツ, ainsi que et pour les kunyomi. Ce sont les seules lectures officiellement reconnues pour ce kanji.

Cependant, est-ce que cela vaut quand même le coup d'apprendre ces lectures ? Non ! On évite d'apprendre la lecture seulement pour apprendre la lecture. Le meilleur moyen est probablement d'apprendre des mots qui utilisent le kanji.

Il y aura parfois des kanji qui auront des lectures parfaitement régulières, dans ce cas on arrive naturellement à utiliser ce que l'on a appris précédemment pour apprendre le nouveau mot. Par exemple, vous connaissez les mots 木曜日 もくようび et 材料 ざいりょう. Lorsque vous croisez le mot 木材, en suivant la règle du « mot composé alors onyomi », vous pouvez deviner que la lecture est もくざい. Mais il faut tout de même vérifier dans le doute. En l'occurence la lecture est bien もくざい.

Dans d'autres cas, cela ne sera pas si simple ( par exemple), mais au moins on n'aura pas perdu son temps inutilement.

Mais pourquoi c'est si compliqué ?

Comme vous le savez sûrement déjà, il n'y a pas toujours eu les kanji en japonais. En revanche, il y a toujours eu des mots. Pour les mots qui existaient déjà (les mots purement japonais), on a utilisé le kanji dont l'idée correspondait, mais pas nécessairement la prononciation.

Par exemple, avant il y avait (le jour, soleil), ついたち (le premier jour du mois) et ふつか (le deuxième jour du mois). Quand les kanji ont été importés, on a probablement fait quelque chose de similaire à :

D'où le fait que des lectures puissent paraître tout à fait arbitraires.

Pour cette explication j'utilise les kana, mais à l'origine ils n'existaient pas non plus.

Tout ça pour dire : ne vous embêtez pas à apprendre les lectures individuellement, apprenez du vocabulaire.